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mardi 11 août 2009

Lecture : Le vendeur de saris par Rupa Bajwa

Le vendeur de saris
par Rupa Bajwa (Auteur), Claude Demanuelli, Jean Demanuelli (Traduction)
Poche: 285 pages
Editeur : J'ai lu (3 mai 2007)
Collection : J'ai Lu Par ailleurs
Langue : Français
ISBN-10: 2290003298
ISBN-13: 978-2290003299
Prix conseillé : EUR 6,00

L'auteur (présentation de l'éditeur) : Rupa Bajwa : Elle est née en 1976 en Inde, où elle réside le plus souvent. Le Vendeur de saris est son premier roman. Il a été récompensé par le prix Grinzane Cavour en Italie et a reçu le prix du Commonwealth Eurasie, attribué au meilleur premier roman.

Le livre
  • Présentation de l'éditeur
Si Ramchand n'est, aux yeux de ses clientes, qu'un simple vendeur de saris, il dissimule pourtant une moralité et une sensibilité rares. Son ignorance, source d'une immense honte, face à l'éducation d'une riche cliente change la donne désormais, il veut prendre sa vie en main. L'acquisition de deux grammaires anglaises marque le début d'une quête, celle d'un avenir meilleur et d'une existence plus juste. Mais si les horizons du jeune vendeur sont désormais élargis, la confrontation avec l'injustice et la cruauté du monde n'en est que plus brutale...
À travers ce roman, écrit avec beaucoup de grâce et de sensibilité, Rupa Bajwa dépeint un homme qui, malgré la misère et l'injustice, reste intègre. Une belle leçon d'humanisme.
  • Fiche de lecture
Ce roman est excellent. Il se déroule à Amritzar, la ville qui abrite le temple d'or qui est aux sikhs ce que le Vatican est aux catholiques. Il décrit merveilleusement l'ambiance de la ville et les relations entre personnes de rang social différent. L'histoire met également en scène, dans un style très poétique, la violence souvent présente à l'égard des femmes en Inde, et la confronte à l'idéalisme d'un jeune homme qui semble se battre contre tout un monde qui le broie peu à peu.
Il s'agit d'un premier roman qui a obtenu plusieurs prix et j'attends avec impatience le second roman de Rupa Bajwa (qui se fait attendre un peu hélas, il n'est toujours pas disponible, même en anglais).


Rupa Bajwa sur le web :
Il est intéressant de lire l'article (en anglais) "Dark Things Do Happen in Gurdwaras Sometimes" que Rupa Bajwa a écrit dans The Telegraph, le 6 février 2005, à la suite de violentes manifestations de 400 personnes de religion sikhs qui ont empêché que la pièce Behzti (Dishonour) de Gurpreet Kaur Bhatti soit jouée au Birmingham Repertory Theatre le 19 décembre 2004. La pièce relatait des actes de violence et des abus sexuels commis à l'intérieur d'un gurdwara (temple sikh).

samedi 18 juillet 2009

Lecture : L'équilibre du monde de Rohinton Mistry

L'équilibre du monde
par Rohinton Mistry (Auteur) ; Françoise Adelstain (Traduction)
Poche : 896 pages
Editeur : Le Livre de Poche (14 mai 2003)
Collection : Le Livre de Poche
Langue : Français (traduit de l'anglais)
ISBN-10 : 225315086X
ISBN-13 : 978-2253150862
Prix conseillé : EUR 8,50

L'auteur (présentation de l'éditeur) : Rohinton Mistry est né à Bombay et vit au Canada depuis 1975. Après un recueil de nouvelles en 1987, il a écrit trois romans qui lui ont valu de nombreuses récompenses (Commonwealth Writers Prize for Best Book, International IMPAC Dublin Literary Award, Giller Prize, etc...) et ont tous les trois figuré sur la "short-list" pour le prestigieux Booker Prize. L’Equilibre du monde a paru chez Albin Michel en 1998, Un si long voyage, son premier roman, en 2001.

Le livre
  • Présentation de l'éditeur
Dans l’Inde des années 1970 et 1980, des personnages bigarrés entremêlent leurs destins : des tailleurs appartenant à la caste des intouchables, une jeune veuve, un cul-de-jatte exploité par le maître des mendiants… Une fresque vibrante et colorée en forme d’hommage à la beauté de l’Inde contemporaine.

Rohinton Mistry, écrivain indien d'expression anglaise, renoue avec la grande tradition du roman fleuve et du roman social, façon Dickens, pour dépeindre l'Inde contemporaine. En près de sept cents pages, il met en scène la vie d'un quartier de Bombay, dans les années 70 et 80, à travers des personnages venus de tous les horizons : Ishvar et Omprakash, les tailleurs ; Dina, la jeune veuve qui, pour survivre, se lance dans la confection à domicile ; Maneck, le montagnard venu faire des études en ville ; Shankar, le cul-de-jatte exploité par le Maître des mendiants... Scènes drôles, tendres ou tragiques, destinées personnelles, événements politiques en arrière-plan... La fresque est complète, le petit monde du romancier atteint à l'universel. Une oeuvre maîtresse, saluée comme un événement par la critique internationale, couronnée au Canada par le Giller Prize.
  • Fiche de lecture
Il s’agit d’un long roman fleuve qui raconte le passé de quatre personnages avant qu’ils ne se rencontrent et ne fassent un bout de chemin côte à côte : une jeune veuve de religion pârsî, le fils d’une amie d’enfance - l’hôte payant - et deux tailleurs, oncle et neveu, issus de très basse caste hindoue, qui travaillent pour le compte de la première en réalisant, dans un atelier clandestin, des robes vendues à une entreprise locale. De nombreux personnages secondaires sont tout aussi intéressants : le roi des mendiants, le receveur de loyers, le collecteur de cheveux, le mendiant cul de jatte, un policier, un montreur de singes... Ils allient parfois des traits d’une intense noirceur et une grandeur d’âme surprenante.

Le vie de chacun d’eux semble tracée et leur destin impitoyable. Le cadre est celui de l’Inde d’Indira Gandhi - qui n’est jamais nommée - pendant l’époque de l’état d’urgence qu’elle déclara entre 1975 et 1977, transformant pour cette brève période la plus grande démocratie du monde en une dictature. L’arbitraire le plus absolu, la violence et les atrocités sont la règle.

A ceux qui pourraient croire que parfois l’auteur exagère (par exemple dans les agissements des castes supérieures vis à vis de la famille des tailleurs et à l’égard des tailleurs eux-mêmes, ou dans la description des campagnes de stérilisation), je renverrai à des témoignages qui confirment ce genre de faits à la même époque, « Viramma, Une vie paria », par exemple.

Il faut lire « l’équilibre du monde », sans se laisser impressionner par le volume, car il se lit très facilement. Un petit regret quand même : il manque peut être à ce livre une hauteur et une mise en perspective qui auraient pu le hisser au niveau des « Raisins de la colère » et de « David Copperfield ».